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Juil 2012
Posté par: Dans: Actualités, L'oeil de l'expert, Étiquettes : , , , 0 Commentaires


Depuis début juin, IPv6 est officiellement activé.

 

IPv6 est un nouveau protocole destiné à terme à remplacer le protocole qui a fait la réussite d’Internet, IPv4.

 

En effet, IPv4 est un protocole de communication réseau, inventé en 1974 et standardisé en 1981. Il est à la base de la création et de la diffusion du réseau des réseaux, Internet.

 

A l’époque, seules quelques centaines de machines étaient reliées entre elle au sein de réseaux principalement militaire ou de recherche.

 

Le protocole IPv4 a donc été définit en fonction des possibilités matérielle de l’époque. Pour mémoire les machines fonctionnait alors à 1MHz (oui, oui, 1/3000 de la fréquence moyenne actuelle !) et avaient généralement 48 Ko de RAM (soit 1/32000 de la taille RAM moyenne actuelle !).

 

Une des caractéristiques principales de IPv4 est que chaque nœud du réseau est représenté par une adresse sur 4 octets, ce qui permet de représenter 256 réseaux de 16 millions de nœuds chacun.

 

Considérer que cette capacité de 4 milliards de nœuds ne soit pas suffisante relevait à l’époque de la pure science fiction…

 

La popularisation d’Internet, aussi bien en entreprise que sur le PC à la maison, a vite rendu cet espace de 4 milliards de nœuds un peu trop étriqué.

 

Une astuce technique, le NAT/PAT, et la définition d’adresses dites publiques (les vraies adresses Internet) et des adresses dites privées (les adresses utilisées en entreprise ou à la maison) ont permit, et permettent encore, de surpasser partiellement cette limitation.

 

Cette astuce montre cependant ses limites et les adresses IPv4 sont devenues une denrée rare (mais non épuisée), surtout pour les économies émergeantes.

 

Un nouveau protocole, IPv6, a été créé pour pallier à diverses déficiences d’IPv4, dont le nombre d’adresses possibles.

 

Si IPv4 permettait de représenter 2^32 nœuds (4 milliard, soit 4×10^9), IPv6 permet de représenter 2^128 nœuds (3,4×10^38, soit 340 milliards de milliards de milliard de milliards de nœuds !).

 

Ce protocole n’est en fait pas tout à fait nouveau, car il a été standardisé en 1998, et n’a que très peu évolué depuis.

 

De nombreux facteurs ont empêché IPv6 de se déployer largement, et j’en retiendrais ici quatre.

 

Le principal facteur est probablement le fait que les astuces NAT/PAT ont permis jusqu’à présent à IPv4 de dépasser ses limites initiales.

 

Le second facteur est un manque d’intérêt de la part des économies occidentales qui ont eu historiquement la plus grande part du gâteau IPv4. Ceci explique d’ailleurs le fait que IPv6 est essentiellement déployé en Asie (avec pour exception la France où le réseau grand publique Free a déployé IPv6 depuis 2007 et représente actuellement la principale source de trafic IPv6 mondiale).

 

Le troisième facteur est qu’il manquait jusqu’à récemment des spécifications standard sur la façon de déployer IPv6 : comment organiser l’espace d’adressage, que faire si une machine est à la fois IPv4 et IPv6, comment gérer la sécurité en IPv6, support d’IPv6 au sein des principaux systèmes d’exploitation, …

 

Le quatrième facteur est que Internet IPv6 est un autre réseau que IPv4, et comme tous les services sont sur IPv4, pourquoi donc aller vers IPv6 ou personne n’est encore présent ? Et comme personne n’est présent sur IPv6, pourquoi déployer des services IPv6 ? (Le problème de la poule et de l’œuf donc !).

 

 

Les nouveaux usages (notamment les Smartphones et tablettes, qui commencent à dépasser en nombre les ordinateurs classiques), et la pénurie d’adresses IPv4 ont encouragé les divers acteurs de l’économie Internet à adopter plus rapidement IPv6.

 

Il y a un an, le 8 juin 2011, une expérience grandeur réelle a été menée : tous les acteurs qui le souhaitaient, dont certains gros acteurs comme Google, Facebook, Yahoo et Akamai, ont volontairement publiés leur services en IPv6 et IPv4 pendant une durée de 24h.

 

Cette journée a permis de se rendre compte que la plupart des problèmes de déploiement ont été correctement adressés, et le cas échéant les problèmes résiduels ont pu être évalués.

 

Aujourd’hui, 6 juin 2012, a été retenu comme la date de lancement officiel d’Internet IPv6.

 

En effet, depuis ce jour, un grand nombre d’acteurs importants d’Internet, dont Akamai, Google, Yahoo!, Facebook, Microsoft Bing, Free Telecom ont publié définitivement leurs services en IPv6 en parallèle de IPv4.

 

Un effet immédiat est l’augmentation du trafic IPv6 mondial, comme par exemple ci-dessous sur des principaux nœuds d’échange Européen à Amsterdam :

 

 

 

Mais surtout le plus gros intérêt est que maintenant qu’il y a des services effectivement disponibles sur Internet, il va y avoir de plus en plus de trafic sur Internet IPv6 et donc plus d’intérêt à être présent sur ce réseau.

 

Un jour probablement certains services ne seront disponibles que sur IPv6, ce qui accélèrera l’adoption d’IPv6.

 

IPv4 n’est pas mort, mais il a un nouveau concurrent, qui a de nombreux atouts pour gagner la bataille.

 

Et ne soyons pas trop nostalgiques d’IPv4, ce protocole n’est de toute façon pas plus indispensable que ne l’était le minitel, qui vient de s’éteindre, ou que le télex qui a été supplanté par le fax.

 

De toute façon, la très grande majorité des utilisateurs ignorent même l’existence d’IPv4, et encore plus d’IPv6, et ne sont intéressés que par les services apportés par Internet, leur Smartphone ou leur tablette.

 

On peut donc espérer qu’après 15 ans d’atermoiements, IPv6 décolle enfin dans les prochaines années !

 

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